Point de vue – Rémi Tremblay
Rémi Tremblay a été président d’Adecco Québec et d’Adecco Canada. Il est l’auteur de trois ouvrages : "Découvrez le bonheur au boulot", "Les fous du roi" et "J'ai perdu ma montre au fond du lac". Depuis 2004, il accompagne les dirigeants qui souhaitent repousser les frontières de leur leadership.
Comme le dit si bien l’expression «Si tu peux garder ton sang-froid, quand tout le monde autour de toi perd la tête, alors le monde est à toi » Auteur inconnu.
Dans la chronique de cette semaine, découvrez ce que Rémi a à nous révéler sur le leadership tranquille.
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Je suis patron depuis plus de vingt ans. Alors que j’avais à peine 22 ans, on m’a offert l’occasion extraordinaire de créer la première filiale nord-américaine d’un groupe européen, Ecco personnel, qui est ensuite devenu Adecco. J’étais tout aussi paniqué qu’enthousiasmé. Je me suis lancé tête baissée dans l’aventure avec une seule employée. En un peu plus de 10 ans, nous sommes devenus numéro un au Québec.
Pourtant, je me suis souvent remis en question. J’avais l’impression de ne pas être à ma place dans ce monde des affaires. J’avais le sentiment qu’on voulait que je sois quelqu’un d’autre. Je m’ennuyais dans les rencontres des comités de direction et je ne comprenais pas la pensée des dirigeants de l’entreprise. Je trouvais qu’on manquait d’intelligence. Ne saisissant rien aux jeux de pouvoir, j’essayais simplement de m’y conformer pour plaire.
Cette situation a duré jusqu’au jour où un consultant très renommé m’a dit : « Rémi, ta plus grande qualité – ta capacité à te remettre en question – s’avère ta plus grande faiblesse ». Alors, j’ai décidé d’assumer ce que j’étais, de réfléchir par moi-même et d’en permettre autant à mes équipes. Cela signifiait que j’accepte d’être le leader que je suis et que j’invente une nouvelle façon de vivre, de gérer nos réunions.
Mon nouveau style de gestion ne convenait pas toujours à mes patrons, mais la croissance et les profits étaient au rendez-vous, alors ils m’ont laissé faire. J’ai appris à leur en dire moins. Il est plus facile de demander pardon que de demander la permission. Nous avons donc joui d’une liberté assez grande pour réaliser plusieurs de nos rêves. On m’a même accordé une promotion : la présidence pour le Canada de cette organisation qui comptait alors 11 000 employés. Je suis devenu le « grand patron ». Or, j’ai rapidement compris que je ne serais pas heureux à ce poste. Je ne voulais plus organiser, planifier, diriger… Je ne voulais plus être à la merci des attentes, souvent irréalistes, d’actionnaires anonymes. Les grandes réalisations ne s’accommodent pas facilement du court terme.
En 2004, j’ai compris qu’en plus de concrétiser mes rêves, je voulais travailler pleinement à ma mission. Et il devenait de plus en plus clair que celle-ci n’était pas dans la gestion. Après avoir vu tant de leaders malheureux et pour l’avoir été moi-même, j’ai choisi de mettre mes talents à leur service. J’ai donc quitté la présidence d’Adecco pour lancer, avec deux collègues, une nouvelle entreprise. Cette fois, je ne veux pas développer une grosse société, mais bien une grande organisation, qui aide les leaders à affronter leurs combats quotidiens.
Dans cette chronique, je veux partager mes apprentissages et mes observations sur le leadership afin de susciter des dialogues, et faire émerger des réflexions et des discussions. J’aimerais que nous portions ensemble un regard neuf sur nos organisations et, surtout, sur notre façon de vivre ensemble dans celles-ci.
Je souhaite que nous osions inventer notre propre façon de gérer afin de remettre de l’intelligence, du bon sens et de la vie dans nos environnements de travail. Je souhaite que nous soyons incités à penser par nous-mêmes et à partager avec nos collègues. Voilà pourquoi j’ai choisi, il y a quatre ans, de me consacrer totalement à l’accompagnement des êtres humains, et spécialement à vous, les leaders, qui êtes des agents multiplicateurs. C’est aussi la raison qui m’a incité à accepter cette collaboration au blog « Le Manager Urbain ».
Surtout, je souhaite profondément que chacun crée sa propre place et trouve la tranquillité intérieure essentielle, urgente même, à l’exercice du leadership et à la réussite de nos organisations.
À bientôt!
Rémi Tremblay
© 2011 Le Manager Urbain – Tous droits réservés






Intéressant ! Etre soi-même est essentiel pour être heureux.
En matière de leadership, un lien sur le management alternatif : http://www.gyb.be/fr/fichierspdf/managementalternatif.pdf
Tout un nouvel univers !
Continuez !
Guy
M. Tremblay un homme au parcours inspirant autant par ce qu’il a réalisé que part ce qu’il a accepté sur lui-même pour être et demeurer le leader qu’il est. Très bel article, à lire.
Jessy
Pour avoir eu le privilège de discuter à quelques reprises avec Rémi, je peux vous assurer qu’il a une vision des plus inspirantes du leadership et certainement une approche qui permet de mettre un peu de sagesse, d’humanité et de sens dans la vie un peu folle d’aujourd’hui de nos leaders.
Plusieurs leaders auraient avantage à s’arrêter et seulement écouter ce qui se passe à l’intérieur.
Pierrette
C’est exactement ce que je pense.
J’ai travaillé dans une grande institution française pendant plus de 30 ans. J’ai pu réaliser de beaux projets mais que de temps et d’énergie perdus en batailles inutiles simplement pour que l’on veuille bien écouter ce que j’avais à dire.
Je me lance aussi dans dans le conseil et l’accompagnement de tous pour une amélioration de notre qualité de vie.
Merci de faire partager votre expérience et votre expertise
Brigitte
Rémi est un leader que je lis régulièrement et dont j’ai lu tous les livres. Inspirant pour oser être lui-même, en toute liberté. Il est unique et partage avec une simplicité désarmante des profondeurs de philosophes toujours d’actualité. Merci.
Maria