Les croyances : Saboteurs ou propulseurs partie 4

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Colette Normandeau

Point de vue – Colette Normandeau

Femme de cœur et de passion, Colette Normandeau est enseignante et coach professionnel certifiée en PNL (Programmation Neuro Linguistique). Elle partage des moyens simples, pratiques et efficaces qui contribuent à créer des Êtres, des équipes et des entreprises à leur meilleur. Elle est l’auteure du livre « Ê.T.R.E. enfin soi-même – Guide d’auto-coaching et d’éveil » qui vient tout juste d’être publié aux éditions GERESO.

Transformation des croyances limitantes

« Nos problèmes ont été créés par l’homme et nous pouvons donc les résoudre. Nos possibilités ne connaissent pas de limites. Aucun problème humain ne va au-delà nos capacités. » John Fitzgerald Kennedy

Enfin ! Nous voilà arriver à l’étape de transformation. Je vous ai gardé en haleine assez longtemps. Je passe donc rapidement à la présentation des moyens les plus efficaces pour vous défaire de vos boulets qui vous empêchent de réaliser vos objectifs professionnels de manager. Je vous guiderai sur les meilleurs moyens selon les catégories présentées dans la chronique précédente. Si vous avez lu la dernière chronique : Les croyances : Saboteurs ou propulseurs Partie 3 et fait l’exercice proposé, vous savez maintenant quel type de croyances saboteuses vous entretenez. Cette conscience vous alignera vers une résolution.

Avant de passer à la transformation, je vous invite à réfléchir à ce qui suit :

Quel a été votre gain secondaire* d’entretenir votre croyance limitante ? Quel avantage avez-vous réussi à en tirer ? Vous a-t-elle procuré quelque chose de positif ? D’où vient cette croyance ? Depuis quand l’entretenez-vous ? L’avez-vous acheté de quelqu’un d’autre ? *un gain secondaire est la raison, le bénéfice caché d’une croyance limitante. La croyance limitante est maintenue car elle a une utilité, souvent inconsciente, qui empêche une personne de changer sa croyance, mais aussi d’atteindre son objectif.

Exemple : Vous croyez que ce n’est pas possible de mobiliser votre équipe. Qu’est-ce que cela vous a apportée consciemment ou inconsciemment ? Démontrer aux supérieurs le manque de compétence au sein de votre équipe, attirer davantage de soutien, d’estime, d’attention ou de ressources pour votre cause, faire réaliser aux autres l’ampleur ou l’irréalisme de leurs exigences, faire diminuer les attentes, ne pas avoir à assumer la responsabilité du résultat, vous sentir moins coupable, ralentir le rythme de croissance car vous êtes fatigué et surchargé, confirmer les efforts de vos prédécesseurs, leur donner raison, se conforter et entretenir un lien avec un autre manager dans le même bateau, qui souffre du même défi, etc..

Lorsque vous reconnaitrez les gains secondaires que vous avez tirés, il est important de ne pas les éliminer ou les détruire, mais bien de les satisfaire d’une façon qui supporte/soutient AUSSI l’atteinte de votre objectif. Honorez-les tout en choisissant un autre moyen plus écologique de les entretenir. Ainsi, vous pourrez laisser aller la croyance limitante. Si vous vous sentez victime d’avoir entretenu une croyance qui appartenait à quelqu’un d’autre, alors choisissez dès l’instant de lui remettre ce qui lui appartient et d’entretenir une croyance qui vous ressemble, qui vous appartient, plus utiles et efficaces à l’atteinte de votre objectif.

Défaire vos croyances catégorisées

Voici maintenant différentes pistes et stratégies afin de défaire ces croyances saboteuses que vous avez identifiées à ces catégories répertoriées dans l’article précédent. Bien évidemment, la transformation de celles-ci s’avère importante lorsqu’elle empêche l’atteinte d’un objectif qui vous tient à cœur.

Les croyances sans espoir/sans possibilités :

Je veux une équipe mobilisée, performante (d’objectif), mais je crois que je rêve en couleur et qu’il ne sera jamais possible d’y arriver (croyance limitante sans espoir/sans possibilité).

Il est certain qu’entretenir cette croyance vous limite grandement. La première étape sera de la transformer en éveillant votre espoir. Comment faire ? Mettez-vous à la recherche de ceux qui ont réussi le même objectif. Qui cherche trouve ! Des statistiques et des histoires de succès de gens qui ont dépassé les limites du possible sont sources potentielles de transformation de ce genre de croyances limitantes.

Stratégie de la modélisation

En tant que manager, si vous cherchez à être inspiré par un voisin qui est dans la même situation que vous et aussi « mal amanché », vous n’irez pas loin. Vous entourer de gens pessimistes ne vous aidera pas plus. Trouvez les « benchmarks », les modèles qui ont atteint le résultat ou l’objectif que vous visez et étudiez-les. Comment ont-ils réussi ? Quelles croyances ont-ils entretenues pour les aider à réussir ? Modélisez-les ! Les gens qui possèdent l’espoir vont toujours plus loin.

Stratégie du rêve

Les sociétés, les leaders et les équipes qui réussissent nourrissent leurs rêves et les possibles. Souvenez-vous que tout ce que vous alimentez grandit ! Nourrissez vos rêves et les possibles et ils grandiront. Nourrissez vos freins, vos craintes et vos critiques et ils grandiront aussi pour en finir à vous paralyser. Il y a 150 ans on ne pensait pas pouvoir voler. Aujourd’hui, combien de vols décollent quotidiennement de nos aéroports ? Le tout est parti d’un rêve que la plupart ont découragé.

 « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors, ils l’ont fait » Mark Twain

Stratégie du « petit pas »

Pour certains d’entre vous, une fois entourer d’inspirations, il sera facile de passer de l’impossible au possible. Pour d’autres, il sera plus utile d’emprunter un chemin plus graduel. Entre-le jamais et le toujours, il y a plein d’étapes que vous pouvez entretenir. La durée de l’entretien de chaque étape sera variable et propre à votre rythme d’évolution. Lorsqu’une étape sera bien ancrée et intégrée, vous pourrez passer à la prochaine. Voici un exemple : Mon équipe ne sera jamais mobilisable…c’est impossible.–> Des fois mon équipe est mobilisée et performante. Elle l’est dans certaines circonstances. –> Mon équipe est de plus en plus mobilisée et performante, plus je m’ouvre à leur potentiel. –> J’ai une équipe extraordinaire qui est mobilisée et performante, peu importe les défis qui lui sont lancés. Smile

Prochaine catégorie

Les croyances sans capacités :

Je veux une équipe mobilisée, performante (objectif), mais je ne suis pas capable, j’ai toute essayé (croyance limitante sans capacité).

Vous avez un objectif à atteindre, par ailleurs, vous ne sentez pas que vous avez l’aptitude, la capacité pour le faire. Vous avez tout intérêt à vous reconnecter avec votre véritable motivation à atteindre votre objectif. Par la suite, identifiez les capacités spécifiques nécessaires pour l’atteinte de l’objectif et nourrissez les forces que vous possédez déjà. Pour celles qui manquent, engagez-vous afin de développer ou réveiller les ressources qui vous aideront à les développer. L’une des premières ressources à réveiller : votre créativité ! C’est elle qui vous aidera à faire autrement, à persévérer et constamment chercher des nouveaux moyens afin de réaliser ce que vous voulez.

Stratégie « y’a pas de trou d’un coup »!

Retenez que toute capacité se développe à force de la pratiquer, pratiquer et pratiquer. Le développement d’une capacité ne se fait pas en criant ciseau. C’est le labeur de nombreuses heures de développement et de pratique. Cela vous aidera aussi à entretenir la croyance : « qu’il n’y a pas d’erreur, il n’y a pas d’échecs, il n’y a que du feedback, des apprentissages et des expériences ». Vos incapacités du passé sont simplement un indice qui vous rapproche de la bonne façon de faire. On dit que Thomas Edison a fait plus de 10 000 essais avant de découvrir l’ampoule électrique. Chaque fois qu’il ne réussissait pas, il se disait un pas de plus près de la bonne solutionSmile

« Un souhait ne vous est jamais donné sans que vous ayez les capacités pour le réaliser. Cependant, vous aurez peut-être à travailler pour y arriver. »  Richard Bach

Stratégie du « réservoir »

Une autre façon de réveiller votre capacité désirée est de remplir votre réservoir des réussites du passé. Répertoriez chaque instant de votre vie où cette capacité a été présente, même celle dans un autre contexte. Demandez aux autres quand vous l’avez été. Un poisson dans l’eau ne voit pas l’eau. Smile Un jour, j’ai donné cet exercice à une gestionnaire par rapport à son sentiment d’être incapable de se structurer. Avec un peu de recul et avec la perspective de ses collègues, elle a réalisé qu’elle était parmi les plus structurés de son organisation. En s’inspirant de comment, elle l’avait fait ailleurs, elle a défait sa croyance limitante dans son contexte professionnel et surtout doser ses élans de perfections.

Stratégie « comme si » j’étais capable

Et si vous étiez capable de telle ou telle capacité, de quoi auriez-vous l’air ? Visualisez-vous en train de réaliser cette capacité et décrivez la scène : que voyez-vous, qu’entendez et ressentez-vous lors des moments spécifiques où elle sera mise en application. Que ferez-vous de différent ? Prenez le temps d’imaginer la différence que cela produira dans votre réalité. Ce qui vous empêche souvent de faire autrement, c’est que vous ne vous êtes même pas donné la peine ou la possibilité de vous visualiser à le faire. En imaginant votre résultat voulu, cela créera de nouvelles connexions neuronales. En entretenant et répétant régulièrement ce résultat voulu, cela créera de nouveaux sillons… et donc, de nouvelles habitudes de pensée et d’actions, utiles et aidantes.

Troisième catégorie…

Les croyances sans mérites :

Mon organisation croit que je peux mobiliser mon équipe afin qu’elle soit performante (objectif), mais je ne comprends pas le potentiel que l’on voit en moi, je ne suis pas si bonne que ça, je ne suis pas sûre d’être à la hauteur (croyance limitante sans mérite).

Si ce genre de croyance ou discours vous habite, vous avez tout avantage à reconnaître votre pleine valeur. Jouer petit ne vous servira pas, ni ne servira votre prochain. Il existe plusieurs moyens pour augmenter l’estime de vous-même. Commencez par cesser de répéter « qui suis-je pour…? »  Pour transformer ce genre de croyance, le travail se fera au niveau de votre identité (mission, rôle) et du sens de votre vie (vision auquel vous souhaitez contribuer), plutôt que de vos capacités. Il sera important d’intégrer la notion que les être sont tous égaux, il n’y a pas d’être supérieur ou inférieur. Chacun a sa place et vous avez à réclamer et à assumer la vôtre.

Stratégie de « l’auto parrainage » ou de « l’affirmation positive »

Déterminez la formulation de la nouvelle croyance aidante par rapport à votre identité que vous souhaitez entretenir. Habituellement, ce sera le contraire de la croyance limitante. Pour vous aider, utilisez le dictionnaire d’antonymes. C’est le meilleur livre de solution qui existe ! Smile Prenez une minute sincère par jour pour vous la répéter. C’est encore plus efficace devant un miroir. Exemple de parrainage : J’existe. J’ai de la valeur. Je donne le meilleur de moi-même. J’ai ma place. Je mérite le succès et le bonheur autant qu’un autre.

Chaque fois que votre dialogue intérieur se remettra à vous abaisser, vous dénigrer, reprenez-vous. Souvenez-vous que cette voix n’est pas la vôtre, celle de votre nature profonde ou de votre essence. Cette voix négative/ critique a été apprise, construite souvent à partir des influences externes de votre passé, construite à partir de projections ou de croyances d’un autre. Vous avez laissé leurs croyances vous inhiber, vous envahir. Aujourd’hui, avec la conscience, vous avez la possibilité de choisir autrement. Réappropriez-vous votre ¼ de seconde. (Voir chronique de la même série :  Partie II- Conscience, croyances et circonstances)

Stratégie du « messager symbolique »

Votre inconscient représente 85% à 90% de votre être. Il a l’âge mental d’un enfant de 5 ans. Il a enregistré tout ce que vous avez vu, entendu et ressenti dans votre vie. Il s’occupe de votre survie et répond aux commandes que vous lui donnez et ne comprends pas le « ne pas ». Il apprend avec la répétition et à travers l’intensité d’une expérience. Autre fait, votre inconscient ne fait pas la différence entre ce qui est vrai ou imaginaire. Il existe plusieurs façons de communiquer avec cette partie de vous-même qui est, malgré vous, le boss ! L’usage d’un dialogue intérieur positif et simple, l’hypnose et la symbolique en sont quelques-uns. Apprendre et utiliser le langage de votre inconscient (celui de la métaphore, de la symbolique) sera un précieux allié afin de transformer la perception que vous avez de votre identité. La métaphore a la capacité de contacter les profondeurs de l’être et de susciter rapidement des changements puisque l’inconscient adopte les solutions proposées par la métaphore ou le symbole plus volontiers que le conscient. Cet exercice constitue simplement à reconnaitre la représentation symbolique de l’ancienne croyance que vous avez de vous-même et de déterminer la symbolique de nouvelle croyance que vous souhaitez entretenir. Saturez votre conscient et inconscient de cette nouvelle représentation. Ex : fini le règne de la tortue qui se cache dans sa coquille, place maintenant au valeureux chevalier gardien du château et du climat harmonieux du royaume. Einstein disait bien : « L’imagination est plus importante que la connaissance. »  Smile

Conclusion

En tant que manager conscient, je vous invite à rester vigilant des croyances que vous portez et choisissez de vous inculquer. Je vous invite à défier vos croyances, principalement celles qui ne vous sont pas utiles et nuisent au développement de votre potentiel ou à la réalisation de vos objectifs. Retenez que les croyances sont utiles dans la constitution de votre Être et de la réalisation de vos objectifs, sans toutefois être une finalité en soi. Elles ne doivent pas rester immuables. Les croyances se changent et doivent absolument évoluer afin de refléter la réalité que vous voulez aujourd’hui. L’habitude que vous avez prise à vous répéter vos croyances limitantes, vous a donné l’illusion qu’elles étaient des vérités. Adoptez de nouvelles habitudes saines dès maintenant, plus alignés sur l’atteinte de vos objectifs professionnels.

Bon succès dans la transformation de vos croyances. Ce sera un plaisir de vous entretenir sur un nouveau sujet tout frais la prochaine fois.

Colette

Votre coach et enseignante PNL

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6 réponses à “Les croyances : Saboteurs ou propulseurs partie 4”

  1. Viviane dit :

    Question de fonds qu’il ne faut pas hésiter à affronter. On a tous et particulièrement Toutes des  » moteurs à l’envers »: je ne saurai pas, je peux pas, comment gérer … Il faut savoir que si l’on est portée par une ambition (sens noble) il faut oser, faire des choix not so easy et avancer sans trembler ou être triste ou détruite. Pensez à l’intelligence collective, au bonheur de partager le pouvoir de faire plutôt que l’obsession du pouvoir pour être et garder.

    Viviane

    • Merci pour ton partage et ta belle invitationViviane… en effet, que notre veille et transformation de nos croyances saboteuses puissent profiter au sens plus large de la collectivité, l’ensemble des êtres, pas seulement que pour soi.
      Je crois aussi que l’idéal c’est de pouvoir avancer sans trembler. Par ailleurs, si on attend de ne pas trembler pour avancer, on risque d’attendre longtemps. Les tremblement diminuent en continuant d’avancer, pas en attendant. Tremble et ose quand même ! Smile

      Salutations chère dame,
      Colette Smile

  2. Bonjour à vous!

    J’aimerais bien lire les parties 1-2 et 3 de  »Les croyances : saboteurs ou propulseurs partie 4…avant de lire la partie 4 (je me la garde en réserve :0)

    Est-ce possible d’y avoir accès?

    Merci et bonne journée!

    Gloria Duchesneau Smile

  3. Bonjour, je découvre ce blog avec un grand plaisir !
    Quel contenu riche et passionnant !

    Pour apporter ma petite pierre à ce grand édifice, j’ai envie de vous questionner : saviez-vous que la paternité des saboteurs vient de Leon Festinger ?
    Le dernier article de Jean-François Vleugels: Coaching et dissonance cognitive : les saboteursMy Profile

    • Bonjour Jean-François,

      Veuillez s.v.p. m’excuser pour le délai dans mon retour à votre partage. Je profite enfin d’un congé et du magnifique soleil québécois pour donner suite à votre message.

      Je vous remercie vivement pour la piste. Elle saura certainement alimenter ceux qui désirent poursuivre leur travail sur les croyances. J’ai été ravie de découvrir cette source.

      Je me questionne…si Festinger est le père, sommes-nous la mère nourricière??? hihi!

      Au plaisir de futurs échanges.
      Passez un bel été et joyeux 14 juillet!

      Colette


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