Le quotient émotionnel: fondation de la réussite

Isabelle Fontaine

Point de vue – Isabelle Fontaine

Littéralement fascinée par l’étude des phénomènes humains, Isabelle, a développé une expertise en coaching de gestion basée sur le développement de l’intelligence émotionnelle. Sa spécialité, faire émerger le plein potentiel d’un individu ou d’un groupe. Conférencière, détentrice d’un baccalauréat en psychosociologie de la communication et d’une maîtrise en communications organisationnelles, elle enseigne à l’École Polytechnique de Montréal et au Département de communication sociale et publique de l’UQUÀM.

Note : Cet article fait suite à la série Comment maximiser stratégiquement votre intelligence émotionnelle? avec Isabelle Fontaine et les extraits de cet article sont tirés de son livre « Empower : stratégies pour maximiser votre intelligence émotionnelle par le pouvoir et l’énergie des émotions » publié par les éditions Un monde différent ltée.

« L’intelligence émotionnelle ne s’ajoute pas aux capacités intellectuelles, mais elle les multiplie : elle constitue le facteur invisible, mais déterminant, de la performance d’exception. »     - Goleman

C’est dans cette foulée de curiosité pour la psychologie de la performance, du succès et du bonheur, que Daniel Goleman publia son premier livre : L’Intelligence émotionnelle. Il connut aussitôt un vif succès international littéraire. Ses recherches confirmaient que dans la vie, notre réussite est davantage fondée sur notre habileté à gérer nos émotions (et celles des autres) que sur notre capacité intellectuelle, tout en ajoutant qu’un manque de succès est plus souvent le résultat d’une mauvaise gestion de nos états émotionnels.

Plusieurs études universitaires l’ont maintenant prouvé, ce n’est pas le QI, le quotient « intellectuel » d’un individu, qui assure sa réussite dans la vie, mais plutôt son QE, son quotient « émotionnel ». Les chercheurs affirment que 80 % du succès d’une personne repose sur des aptitudes liées à l’intelligence émotionnelle, soit l’aptitude à  prendre conscience de nos propres émotions, de pouvoir percevoir et déchiffrer celles des autres, de comprendre le déroulement d’une émotion afin d’en maîtriser son énergie, et même parfois, si nous avons du leadership, en arriver à influencer les émotions de notre entourage afin de créer en eux des états émotionnels prédéterminés.

Pour appuyer ses dires, Goleman cite même une conclusion de Gardner, l’éminent chercheur de Harvard à l’origine des 7 catégories d’intelligence, qui dit : « Beaucoup de gens ayant un QI de 160 travaillent pour d’autres dont le QI ne dépasse pas 100, les premiers possédant une intelligence interpersonnelle bien plus faible que celle des seconds. Or, dans la vie quotidienne, aucune forme d’intelligence n’est plus importante que celle-là. Si vous ne la possédez pas, vous choisirez mal votre conjoint, votre métier, etc. »

Il est pertinent de savoir que la génétique a également son mot à dire dans le quotient émotionnel d’une personne, car dès la naissance, les différents tempéraments sont répartis inégalement et nous n’avons pas tous le même degré d’intelligence émotionnelle. Certains sont nés avec la fibre du bonheur, d’autres avec une capacité surhumaine de rebondir face à l’adversité, de donner un sens à leur existence. Malheureusement, certaines personnes sont nées sans ces facultés innées. Certaines ont hérité d’une tendance à la mélancolie, à la colère, au sentiment d’impuissance sur leur vie.

De l’extérieur, Marilyn Monroe (Norma Jean Baker) disposait de tout pour être heureuse, tout comme Elvis Presley et Ernest Hemingway. Mais ils se sont tous apparemment suicidés, ne sachant pas comment gérer leurs états émotionnels afin d’avoir une vie pleine de sens et d’être aptes à « ressentir et apprécier » leur talent et leur chance. Ainsi, on remarque que les émotions peuvent enrichir notre vie ou nous détruire. En fait, nous ne maîtrisons pas tous également la technologie du bonheur, mais voici la bonne nouvelle : les dés ne sont pas lancés une fois pour toutes!

Heureusement, l’état des connaissances sur le fonctionnement de l’être humain est tel qu’une multitude de ressources et de stratégies existe à notre portée pour nous aider à mieux maîtriser nos émotions dans le but d’être plus heureux, plus épanouis, plus efficaces, plus habiles à influencer positivement notre environnement. Nous pouvons donc renforcer en nous-mêmes la fibre du bonheur.

Il est aussi fascinant de constater que, paradoxalement, les gens qui manquent cruellement de quotient émotionnel, ceux qui auraient avantage à développer et pratiquer les ruses pour maximiser leur intelligence émotionnelle, sont ceux qui croient en avoir le moins besoin!

80 % de psychologie, 20 % d’opérationnel

« Le succès n’a pas à être poursuivi, il doit être attiré par la personne que vous devenez. »

                                                                       – Richard Carlson

Développer une solide psychologie et être en mesure de maîtriser ses émotions, c’est le nerf de la guerre si on veut performer, être heureux et en santé. Les plus grands coachs nous confirment d’ailleurs qu’ils n’investissent que très peu de temps avec leurs clients à raffiner leurs habiletés techniques ou leurs compétences tactiques. Où concentrent-ils leur attention avec leurs clients? Ils les munissent de stratégies psychologiques et émotionnelles afin qu’ils puissent donner toute l’énergie qu’ils ont dans le ventre en vue de déployer leur habileté technique avec une puissance qui se démarque.

Seriez-vous alors d’accord avec l’affirmation suivante :  « Le succès repose avant tout sur 80 % de psychologie et sur 20 % de mécanique, voire de technique. » La plupart des gens ont suffisamment de connaissances opérationnelles pour accomplir leur travail, sauf qu’il y en a qui performent et d’autres qui survivent.

Pour illustrer ce principe, prenons l’exemple de ces agents d’immeubles. Tous ont réussi leur formation et possèdent leur licence de compétences techniques. Ils savent tous comment inscrire une maison sur le réseau MLS, ils savent faire sa mise en marché dans les journaux locaux, prendre rendez-vous pour les visites et expliquer les atouts de la maison en question. Mais pourquoi certains agents font-ils 20 000 $ alors que d’autres gagnent plus de 2 millions par année de revenus?

Il en est de même de ces gestionnaires qui ont une connaissance opérationnelle suffisante pour orchestrer leur service. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains d’entre eux ont-ils un taux de roulement de personnel presque nul dans leur équipe, pourquoi leurs employés sont-ils heureux d’être au bureau? C’est qu’ils savent toucher le cœur des membres de leur équipe en créant de l’enthousiasme parmi eux.

De même, bien qu’il y ait plusieurs athlètes professionnels, très peu sont des vainqueurs olympiques! Donc, ce qui explique cela, c’est la performance d’exception, cette capacité de maîtriser leur énergie émotionnelle et mentale.

La performance : avoir accès au meilleur de soi

Et attention,  je ne parle pas ici de « performance » attestée par des chiffres ou des ratios, mais d’être au mieux de sa forme émotionnelle, de dépasser sa propre moyenne. Comment être un patron plus courageux, plus inspirant? Comment être une mère plus encourageante, plus patiente? Comment offrir un meilleur soutien à un ami en difficulté ? Comment faire la différence  par notre seule présence dans une équipe? D’ailleurs, nos amis anglophones ont une expression qui résume bien cette qualité de présence lorsqu’ils disent : « Doing less by being more ». Alors, comment « être davantage » et offrir un meilleur rendement tout en forçant moins ?

Préoccupée par ce questionnement, j’ai demandé à mes clients quelles pourraient être les barrières à leur performance, en tant qu’êtres humains? Qu’est-ce qui les empêche d’avoir accès au meilleur d’eux-mêmes? Ils ont répondu : de la fatigue, un faible niveau d’énergie, de la timidité, de l’impatience, une attitude négative, l’irritabilité, le désespoir, une attitude trop critique envers les autres, une faible tolérance au stress, l’inflexibilité, un manque d’esprit d’équipe, l’incapacité de cibler, de se concentrer, l’indécision, l’anxiété, un manque de passion, une faible confiance en soi, un manque d’empathie, de sens relationnel ou de persévérance, etc.

Ces réponses m’ont permis de constater que la majorité des barrières à la performance étaient liées au quotient émotionnel. On sait que ce facteur doit être solide pour aider à se motiver, à persévérer devant l’adversité, à montrer une conviction qui entraîne l’adhésion et un enthousiasme contagieux, à ressentir intuitivement les gens et à lire les jeux de pouvoir en entreprise afin d’influencer le changement vers le plus grand bien. Le quotient émotionnel, c’est la clé de la réussite; alors travaillons là-dessus.

Et vous?

  • Quelles sont les barrières auxquelles vous faites face le plus souvent?
  • Qu’est-ce qui se trouve sur votre chemin et vous empêche d’être « à votre meilleur »?

Il est important de connaître le mal que l’on combat.

On se retrouve lors de la parution de mon prochain article dans lequel je vous parlerai de l’énergie : principal ingrédient de la performance.  D’ici là, prenez le temps de faire l’exercice proposé afin de maximiser votre intelligence émotionnelle !

Isabelle

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13 réponses à “Le quotient émotionnel: fondation de la réussite”

  1. ASSI dit :

    Bonjour,
    Je désire auprès de vous avoir des documents de sur le Coefficient émotionnel.

    Merci de vouloir apporter une réponse à ma requête.

  2. Manon dit :

    J’ai vu madame Fontaine à l’oeuvre lors de l’une de ses conférences. Elle est excellente et nous donne la piqure pour en savoir plus sur l’intelligence émotionnelle.
    J’ai d’ailleurs fait quelques petites expériences et ça marche vraiment.

  3. Serge dit :

    Bonjour
    Je trouve très intéressante votre approche de la communication par le quotient émotionnel. Est-ce à dire que nos pensées subjectives dirigent nos conversations à notre insu ? Que l’objectif de notre communication est voué au succès ou à l’échec selon les pensées qui tournent dans notre esprit ?
    Est-ce à dire que pour devenir un communicateur efficace il faut d’abord mettre au diapason nos intentions conscientes et nos conversations intérieures ?
    Au plaisir de vous lire
    Serge

  4. Audrey dit :

    je me reconnais deux principales faiblesses : la timidité et le manque de confiance en moi.
    Jusqu’à présent je n’ai pas encore trouvé le moyen de surmonter ces faiblesses…….je vous promet ces attitudes n’aident pas à atteindre ses objectifs……

  5. isabelle dit :

    Excellente idée de partager l’extrait de ce livre avec nous et beaucoup d’autres qui doutent encore que le savoir être prend ces sources dans la psychologie. Mes remerciement les plus sincères à Isabelle FONTAINE;

  6. Andréanne dit :

    Ouf, c’est ce genre d’article qui fait réaliser certaines choses sur soi-même… Merci de nous en faire part : )

  7. Marie-Claude dit :

    Je partage ces opinions et suggère de lire le livre de M. Laurent Lapierre  » Ondirige comme on est « 

  8. Gaël dit :

    Bien sûr. Et c’est trop souvent oublié. Avant de vendre un produit, il faut comprendre pourquoi le client veut acheter, pas uniquement à travers ce qu’il dit expressément, mais aussi par ce qu’il exprime par ses attitudes, ses regards… tout ce qui est jailli de son psychisme.

  9. Anne-Lise dit :

    Great article! Un art qu’il serait judicieux selon moi, d’enseigner (au même titre que les maths ou l’anglais) dans les écoles… où l’accent est un peu trop mis sur le QI et renforce le sentiment d’échec, d’enfants en « difficulté scolaire ».
    Éduquer les plus jeunes au développement de leur QE… sera la clé d’une société meilleure.

  10. James dit :

    Super sujet Bravo., Certes, ce qu’on voit aujourd’hui est une crise de liaison de la maitrise de le psychologie en conjonction avec le savoir-faire technique. La psychologie au travail est certes mal connue et devrait être développée pour minimiser la dissonance à tous les niveaux de l’entreprise quelle soit publique ou privée.

    À quoi sert la connaissance technique si on n’arrive pas à la communiquer efficacement à l’interne ou à l’externe. Ainsi, le psychologie serait super utile aux côtés des DRH, au recrutement, à la gestion de carrière et des compétences. Dans ce cadre, on voit de plus en plus cette nouvelle spécialisation dans la gestion des risques professionnels. Elle a en fait un nouveau nom, le neuro-management. Fusionner le technique avec la psychologie sociale devient un atout majeur de réussite de l’entreprise du futur.

  11. Josée dit :

    Très intéressant, de nos jours que ce soit à l’intérieur d’un parcours académique ou professionnel on parle de trois variables utiles à la réussite : le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Les deux premières s’obtiennent dans une formation et par le travail, mais sans la troisième le succès reste limité, avoir de l’humour, être avenant, savoir collaborer, sourire, sont là différents comportements qui ne s’apprennent pas dans les livres, mais dans le quotidien et à travers la personnalité, le savoir-être est d’une grande polyvalence, rares sont les emplois ou activités humaines qui ne nécessitent pas un tant soit peu d’intelligence émotionnelle.

    • Claudio dit :

      Exact ! D’ailleurs je n’arrête pas de répéter que si l’on additionne ces trois variables, cela donne toujours le « savoir faire faire »…. Donc si votre boss ne sait pas « faire faire », c’est qu’un des ingrédients lui manque Smile


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