La performance par le plaisir (PPLP) – Principe # 7

Jean Luc Tremblay

Point de vue – Jean Luc Tremblay

Il est l’auteur du best-seller "La performance par le plaisir", gagnant de la Mention honorable du jury pour le prix du meilleur livre d’affaires, en plus d’avoir été finaliste dans la catégorie meilleur livre des ressources humaines. La couverture médiatique accordée à cette philosophie de gestion et le nombre impressionnant de livres vendus l’ont propulsé conférencier dans plusieurs pays.

Cet article fait suite à la série Performance par le plaisir avec Jean-Luc Tremblay.  Vous pouvez visionner l’entrevue avec Jean-Luc ici.

SOYONS PRÉSENT DANS NOTRE ORGANISATION

Lorsque nous éprouvons du plaisir, vous remarquerez que nous sommes allumés, totalement attentifs et présents. C’est souvent loin d’être le cas dans nos organisations, où certains managers ne sortent plus de leurs bureaux ou sont  constamment en réunion. Ce n’est pas normal que, dans certains milieux de travail, les employés ne voient que très rarement leur supérieur immédiat. Ce n’est pas normal non plus que, après un an ou plus de service dans une organisation, des personnes ne soient pas en mesure de reconnaître le directeur général et les cadres supérieurs parce que ceux-ci ne se montrent jamais. Si en tant que dirigeant votre argument est que vous manquez de temps, ça signifie uniquement que vous êtes incapable de le gérer efficacement et que vos employés sont moins importants que vos dossiers, ce qui est une grave erreur. Être vu sur le plancher comme on le dit et parler avec les employés sont des gestes des plus appréciés par ceux-ci.

Non seulement les managers sont de moins en moins présents mais lorsqu’il leur arrive de rencontrer des gens, plusieurs ne prennent pas le temps de leur dire bonjour, de leur sourire, de les saluer, d’entrer en relation avec eux. Nous abordons immédiatement les problèmes. Nous oublions, en fait, le principe de réciprocité : si tu veux qu’on te salue, salue le monde ; si tu veux qu’on soit aimable, sois-le toi-même.

Dans les organisations, il y a de plus en plus de ce que j’appelle des dinosaures.  Ils sont assez faciles à reconnaître. Habituellement, le dinosaure moyen se promène en tenant dans ses mains une feuille de papier qu’il fixe constamment, ou il regarde le plancher. Il marche penché, parfois même la tête entre les deux jambes. Le dinosaure ne voit personne, il ne peut donc pas vous dire bonjour. Si vous désirez absolument être salué quand vous le rencontrez, inscrivez « BONJOUR » sur une feuille et marchez à côté de lui en la tenant à la hauteur de ses mollets. Peut-être qu’il finira par vous voir !

Il y a aussi les jeunes loups. Quand ils se déplacent, ils regardent seulement le plafond. Ils ne voient même pas les murs.  Ils aiment jouer au boss. Les « I’m the boss » ne peuvent pas nous saluer, car ils voient uniquement le plafond. Si vous êtes assez grand, tenez une feuille sur  laquelle est inscrit « BONJOUR » à bout de bras, au-dessus de leur tête…

Ensuite, il y a évidemment les exorbités. Ils marchent dans les corridors avec des yeux grands comme des bols à soupe. On pense qu’ils vont nous avaler quand on les rencontre, mais non, tout ce qu’ils voient, c’est le bout du corridor. Si vous désirez qu’ils vous saluent, tenez-vous dans les cadres de porte et faites comme les Cubains : criez « Holà! » Peut-être vont-ils finir par vous voir.

Souvent, on ne se montre même pas disponible aux personnes à qui on donne rendez-vous. On se laisse constamment déranger par la secrétaire, le téléphone, le courriel, le télécopieur, la « pagette » ou un collègue qui a une urgence. On demande alors à la personne qui est dans notre bureau de nous excuser un moment et, finalement, on la laisse poireauter 5, 10, 15 minutes dans notre bureau !!! Ou mieux, on la met à la porte en la laissant attendre dans le corridor ! On peut même pousser la politesse jusqu’à lui demander de revenir un autre jour, alors qu’on avait soi-même sollicité le rendez-vous.

La grande majorité des sondages révèlent qu’environ 90 % des employés considèrent que les qualités du patron idéal sont le respect, l’authenticité, le sens de la communication. Ce sont toutes des qualités dont on ne peut faire preuve qu’en étant présent. On est jugé sur ce qu’on fait au quotidien, sur des petites choses. Il faut  aussi avoir conscience que, très souvent, on n’est même plus présent pour soi-même. On essaie de faire deux ou trois choses en même temps. Parfois, je vais au Nautilus et je regarde le monde. Un gars pédale, lit son journal, écoute son iPod et jette un coup  d’oeil à la télé ! Quatre choses en même temps, mesdames ! Dans le quotidien, c’est pareil : on revient de travailler, on mange en regardant la télé, on répond à ses enfants, on parle avec son conjoint et on flatte le chien. Parfois, on flatte le conjoint et on parle au chien ! Je le sais, j’ai déjà eu un chien ! Grin

Un jour, dans une organisation que j’ai dirigée, un manager a proposé à l’ensemble de ses collègues de sourire et de saluer chaque employé qu’ils rencontraient au travail. C’était relativement facile à faire, puisque les employés étaient tous tenus de porter  un insigne indiquant leur nom. Ce petit geste anodin a eu un effet étonnant sur l’attitude des employés car il a généré une contamination positive.

Dans certaines organisations, le virtuel occupe de plus en plus de place, et la pertinence d’y être présent semble de moins en moins importante. On encourage le télétravail, alors comment peut-on créer un esprit d’équipe si le personnel n’est pas sur place ? On oublie que c’est le travail d’équipe qui permet aux gens ordinaires d’atteindre des résultats extraordinaires.

La communication n’est pas seulement une juxtaposition de mots; le langage non verbal en fait également partie. Il y a des impressions que nous ne pouvons ressentir qu’en étant en contact avec d’autres personnes, et ces impressions influencent nos comportements et nos décisions.

Actuellement, dans les organisations, on se laisse déborder par les dossiers. On vit pour ses dossiers et on veut les régler de toute urgence. On gère des dossiers qui sont produits par du monde, alors qu’on devrait gérer du monde qui produit des dossiers. Vous connaissez ça, les priorités pour hier ? On va vous régler un après l’autre. Il faut parfois mettre son pied à terre et dire que c’est impossible, surtout lorsque c’est vrai.

À l’occasion, il faut se poser la question suivante : « Si ce n’est pas fait, est-ce que ça risque de changer ma vie ? » Remarquez que, si vous perdez votre emploi parce que vous avez refusé de respecter un échéancier et que vous avez une pension alimentaire à payer, oui, ça peut changer votre vie ! Moi, j’ajouterais : « Si ça risque de changer ma vie, est-ce que je peux en mourir ? » Vous connaissez la réponse… Si ça ne peut pas me faire mourir, ça va me faire grandir.

Le moment présent est ce qu’il y a de plus important, et le temps qu’on consacre aux gens est ce qu’il y a de plus enrichissant. D’ailleurs, si j’ai réussi à faire ce que je fais, ce n’est pas attribuable aux dossiers que j’ai étudiés mais bien aux employés que j’ai rencontrés. Comme vous le savez, l’instant présent est le produit du passé et un instrument pour l’avenir ; il ne faut pas le gaspiller.

Les personnes que nous avons côtoyées au travail ou dans notre vie privée ont assurément retenu ce que nous avons fait, mais encore plus comment « on était ». D’ailleurs, vous remarquerez que lorsqu’on fait le bilan de la carrière d’une personnalité, immédiatement après avoir parlé de ce qu’elle a fait, on se demande toujours : Comment était-elle ?

Posons-nous cette question : Si j’avais à faire inscrire une seule phrase sur ma pierre tombale, qu’est-ce que ce serait ? « Il était un bon ingénieur, un bon comptable, un bon joueur de golf » ou « Il était présent, attentif, généreux, compréhensif, et tolérant » ?

À très bientôt!

Jean-Luc Tremblay

www.jeanluctremblay.com

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

Si vous avez aimé ce genre d’article, n’hésitez-pas à m’en faire part dans la section commentaires et merci de partager cet article sur Facebook, Twitter ou LinkedIn en cliquant sur un ou plusieurs des boutons ci-dessous. Si vous l’avez trouvé sympa bien sûr ! Merci d’avance :  Facebook Twitter Linkedin c’est une bonne façon de nous dire MERCI!

Digg This
Reddit This
Stumble Now!
Buzz This
Vote on DZone
Share on Facebook
Bookmark this on Delicious
Kick It on DotNetKicks.com
Shout it
Share on LinkedIn
Bookmark this on Technorati
Post on Twitter
Google Buzz (aka. Google Reader)

8 réponses à “La performance par le plaisir (PPLP) – Principe # 7”

  1. Michel dit :

    Très bonne article, plus facile pour un gestionnaire d’avoir le coté technique, mais plus difficile d’avoir les compétences du coté humain!

    • Josée dit :

      @ monsieur Michel Bonin, je comprends bien la situation et le contexte d’un gestionnaire, ayant travaillé avec plusieurs PDG de PME, c’est vrai qu’ils trouvent difficile le côté humain, mais nous sommes l’a pour l’aider, le supporter et le conseiller (service RH). Un jour, j’ai entendu un de mes professeur mentionner qu’un bon gestionnaire sait s’entourer de personnes compétentes pour combler ses faiblesses! En fait, il faut voir une entreprise comme plusieurs fonctions interreliées où chacune d’entre-elles contribue à la réussite de celle-ci!

  2. Josée dit :

    Les exemples dans cet article sont véridiques, j’ai passé un bon moment à le lire, merci!

  3. med dit :

    article bien apprécié

  4. Jean-Philippe dit :

    Et c’est tellement vrai !

    Si on regarde un peu plus les causes, on peut découvrir que certains managers ont été promus sans avoir la maturité ou les qualités pour le devenir. Ils adoptent donc un comportement, le premier qui leur vient (souvent le plus facile) et s’y collent parce que changer demanderait trop d’effort pour eux.

    On peut aussi découvrir quelqu’un qui ne retient pas du tout les prénoms, et du coup choisit de ne pas dire bonjour plutôt que d’avouer qu’il ne connaît pas le prénom de la personne à qui il sert la main.

    Autre possibilité encore, l’organisation crée le comportement du jeune manager : on le charge de réunions, de dossiers, on lui rappelle qu’il est en retard sur les nouvelles responsabilités qu’il a depuis 2 jours, …

    Management, confiance en soi, culture d’entreprise ne rendent pas les choses simples comme « bonjour ». Maintenant changer c’est une question de choix, tu as raison !
    Le dernier article de Jean-Philippe: La gestion des risques selon Prince2 : l’exemple de ma belle-mèreMy Profile

  5. Chantal dit :

    Rien de mieux qu’un gestionnaire qui est présent pour voir le pouls de son équipe et la réalité de celle-ci.

  6. Excellent article qui devrait être affiché dans tous les bureaux, à tous les échelons! L’expression anglophone « walk the talk » résume bien ce qui y est décrit car souvent dans les organisations, on prêche à peu près les mêmes choses mais, la perception étant subjective, les prêcheurs affirment qu’ils sont déjà dans l’action tandis que les employés se demandent s’ils n’ont pas rêvé, puisque arrivant à une conclusion diamétralement opposée.
    En d’autres termes, c’est beaucoup plus facile à énoncer qu’à pratiquer au quotidien même si le contraire est tout aussi vrai. Comme quoi, les nuances ici au beau jeu. Smile


Trackbacks/Pingbacks

  1. […] Découvrez le septième principe de la performance par le plaisir (PPLP) soit: d'être présent dans notre organisation.  […]

Laisser un commentaire

Cochez cette case pour qu'un lien vers votre dernier article apparaisse
[+] Zaazu Emoticons Zaazu.com

Copyright © 2014 Le Manager Urbain, tous droits reservés.